FETE DES METIERS  &  BROCANTE

Confessions d'un organisateur


        Chers exposants, Chers chineurs, Chers amis,

        C'est après moult hésitations qu'il m'est apparu nécessaire de porter à votre connaissance, en toute simplicité, avec mes mots, cette brève histoire, l'histoire de la Fête des Métiers de la Celle Guenand.

1/ Ses origines :

        Par le passé, La Celle Guenand, a connu plusieurs manifestations phares, notamment sa foire de mai, sa foire aux melons de septembre et ses fêtes de battages très attractives à cette époque. Des manifestions, qui par l'usure du temps se sont doucement éteintes pour disparaître définitivement dans les années 90.

        En 1989, le musée de l'Outil a eu l'opportunité de pouvoir s'installer dans les locaux communaux mis à disposition par la commune de la Celle Guenand. C'est dans la perspective de redonner une âme et de faire revivre certains de ces outils que l'association du musée de l'outil et des vieux métiers (Amovime) a décidé de créer la Fête des Métiers, où artisans et brocanteurs seraient associés. Et, c'est en collaboration avec le comité des fêtes de la Celle Guenand que cette fête pris forme pour devenir une des plus importante brocante de la région avec plus de 500 exposants ces trois dernières années.
        En outre, cette manifestation devait permettre, par ses recettes d'assurer le fonctionnement du musée, notamment les frais du personnels employés chaque année de mars à novembre.
        En qualité de Président de l'Amovime, j'ai eu la chance et le plaisir de pouvoir travailler durant ces 17 années avec deux présidents successifs du comité des Fêtes de la Celle Guenand, M. Marcel FORTIN (de 1996 à 2001), puis M. Jean-Claude VERON (de 2001 à 2012) que je tiens vivement à remercier comme tous les nombreux bénévoles qui ont participé à ces différentes manifestations.

        Aujourd'hui, une page se tourne, non sans un pincement au cœur, car il est toujours difficile d'abandonner ce que l'on a créé, fait vivre et croître pendant 17 années.

2/ Mon départ

        C'est avec beaucoup de regrets que mes plus proches collaborateurs et moi, avons décidé de nous retirer de l'organisation de cette manifestions, d'abandonner cette rude tâche. Mais, ne vaut-il pas mieux savoir arrêter de mettre la main à la pâte que de finir par tomber dans le pétrin ?

        Il y a des mises à la retraite d'office, des retraites anticipées, des retraites pour service accompli.... La mienne, conjonction de différents paramètres, a mûrement été réfléchie et peut se décliner en plusieurs éléments :

a/ Le premier tient à mon changement de domicile et à mon départ de la Celle Guenand.

        Fin 2013, j'ai été amené à changer de résidence et à m'éloigner de la Celle Guenand. L'organisation d'une telle fête, nécessite d'être sur les lieux mêmes, notamment pendant la quinzaine précédant la manifestation à défaut de compromettre sa réussite et d'accentuer les autres points suivants.

b/ Le second point porte sur le surmenage, le stress engendré par cette organisation

        Même si la machine est rodée et bien huilée depuis 17 ans, il n'en demeure pas moins, qu'une manifestation de cette taille engendre beaucoup de stress, de la fatigue physique et nerveuse que mon corps vieillissant supportait de plus en plus difficilement.

c/ Le troisième porte sur l'empiétement trop intrusif de cette activité dans ma vie privée.

        L'organisation de cette fête, c'est une gestation de 9 mois de janvier à septembre. En janvier, c'est  l'expédition d'un demi millier de lettres de vœux aux exposants, la préparation des affiches, des prospectus, qu'il faut par la suite, chaque week end, aller distribuer par monts et par vaux. Puis, le mois de juillet arrivant, ce sont alors 3 semaines de vacances exclusivement consacrées à la brocante, à régler les moindres détails afin que le jour J tout se déroule pour le mieux.

d/ Enfin, le quatrième point porte sur les critiques, voire la suspicion que mes proches collaborateurs et moi sentions s'amplifier inexorablement.

        Au cours de ces 17 années, mes actions, mes choix, ont souvent été critiqués. Peu importe, puisque mon objectif avait pour ligne de mire la réussite de la manifestation pour tous (bénévoles, exposants, chineurs). En toute modestie, le bilan que je laisse après ces 17 années ne me semble pas être des plus négatifs.
        L'organisation ne s'invente pas, elle se vit au quotidien. La clé de la réussite que l'on m'a si souvent demandé, ne se trouve pas au fond de mes poches, c'est le fruit d'un travail permanent, de l'expérience, c'est la volonté, l'envie, le désir pour ne pas dire la passion. Je pense avoir toujours su apporté la preuve que mes choix étaient justifiés. J'ai toujours accepté la critique bien qu'elle n'était rarement constructive, souvent idiote et non avenue et ces derniers temps même agressive et teigneuse. Et, je ne peux qu’approuver la citation d’Alphonse de Lamartine, dite à juste titre : "la critique est la puissance des impuissants".
        Ainsi, lors des dernières réunions, j'avais, peut être à tort, le sentiment d'être placé dans le box des accusés d'un tribunal devant lequel je devais m'expliquer, me justifier ! Une situation dans laquelle je ne me sentais pas à ma place.

        Il est un temps de prendre et un temps de laisser prendre.
        Il est un temps pour aimer, et un temps pour rire.
        Il est un temps pour s'élever, un temps pour vivre.
        Ce temps est arrivé !

3/ Un avenir pour la Fête des Métiers ?

        La Fête des Métiers de la Celle Guenand, bien heureusement va se poursuive. La prochaine édition se teindra le 28 juillet 2013.
        Dorénavant organisée par une nouvelle équipe, jeune et dynamique, orchestrée par un président courageux, ayant la ferme intention d'influer un souffle nouveau, afin de vous accueillir beaucoup mieux et de vous offrir de bien meilleures prestations. C'est le minimum que je vous souhaite, et c'est tout ce que je lui souhaite mais sans omettre de lui rappeler cette citation de Jean de la Bruyère : «La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief».

 

        Si c'est en forgeant que l'on devient forgeron, que vive la fête des métiers, et dès maintenant actionnez le soufflet, attisez la forge, faites rougir le fer et sonner l'enclume, mais prenez garde à ne pas vous brûler.

 

        C'est le cœur plus léger, mais non apaisé que je vous souhaite, Chers exposants, Chers chineurs, Chers amis, une bonne fête des métiers 2013.

 

Christophe RIDET
Président du Musée de l'Outil


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